Articles récents
Articles récents
Solaire : un potentiel développement pour Sept-Îles
La soumission donne une deuxième vie à un terrain contaminé, et consiste en un critère de sélection des projets de développement solaire. (Photo: Carolane Beauregard | macotenord.com) Hydro-Québec a lancé son premier appel d’offre pour l’énergie solaire, en mai 2025. Au total, 60 soumissions ont été déposées. À Sept-Îles, un premier développement privé de Éolectric en collaboration avec la Ville ainsi que la communauté innue a été proposé ainsi qu’un deuxième projet communautaire de Développement PEK en partenariat avec les Innus Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam.
La Ville a été approchée par le promoteur Éolectric pour le développement d’un parc solaire. Après discussions et l’étude de la proposition, la ville de Sept-Îles a choisi d’être partenaire dans le projet, tout comme ITUM.
« Il y a un aspect d’acceptabilité sociale d’avoir la ville comme partenaire. C’est bien pour nous en tant que développeurs, ça nous aide à faire prioriser le projet auprès d’Hydro-Québec, mais aussi pour la communauté locale », explique le chargé de projet senior d’Éolectric, David Marmen Vallée.
Bien que les hivers plus féroces sur la Côte-Nord puissent affecter la production d’énergie solaire, les analyses et calculs effectués par le promoteur ont conclu que le potentiel de production demeure tout de même très intéressant. Éolectric affirme que la centrale sera adaptée afin de minimiser les pertes au maximum.
« Il faut faire la distinction entre la capacité contractuelle et la capacité qui est construite. Le contrat avec Hydro-Québec c’est 18,5 MW et la capacité construite est de 25 MW », nuance le chargé de projet senior chez Éolectric.
Advenant le cas d’une production plus élevée que 18,5 MW, l’énergie serait perdue. Éolectric n’écarte pas la possibilité d’inclure éventuellement des batteries de stockage alors que le maire Méthot indique le contraire. Les batteries n’ont pas été incluses dans la soumission puisque ce n’est pas une dépense justifiable dans le cadre du projet.
Si la soumission est retenue par Hydro-Québec, la production d’électricité débuterait en 2031. Les 18,5 MW produits permettent d’alimenter environ 1000 foyers à Sept-Îles, où toute l’électricité produite localement serait consommée sur place.
« Ça permet d’avoir une électricité alternative puisque pour l’instant Sept-Îles est électrifiée uniquement en hydroélectricité et avoir une source d’énergie alternative, c’est toujours intéressant », clarifie David Marmen Vallée.

« S’impliquer dans ce projet qui n’est pas de super grande ampleur, pour comprendre les fonctionnements et le processus de diligence raisonnable…on se mouille, on découvre. C’est un apprentissage » explique le maire de Sept-Îles, Benoit Méthot.
La Ville n’écarte pas la possibilité de s’impliquer dans d’autres projets énergétiques, à l’avenir.
Le terrain
Ce développement aurait lieu sur le terrain inhabitable de l’ancien dépotoir derrière la SPCA. Une partie de celui-ci serait alloué aux panneaux solaires et la partie restante pourrais voir un aménagement léger s’y installer, dans le futur.
Vu la grandeur du terrain, l’estimation préliminaire du nombre de panneaux solaires se situe entre 35 000 à 40 000 et le coût du parc solaire est estimé à 70 millions de dollars.
Les développeurs de projets solaires se retrouvent à chercher des possibilités plus au nord de la province puisqu’au sud, il y a les enjeux de terres agricoles où ils ne peuvent développer. Au nord, il y a plus de terrains vacants et de possibilités de développement.
« Une société de gestion du projet formée d’Éolectric, de la Ville de Sept-Îles et de la communauté Innue de Uashat, sera en charge pour l’entretien du terrain choisi », affirme David Marmen Vallée.
Les retombées économiques
L’argent de l’achat d’électricité par Hydro-Québec sera divisé entre les partenaires : Éolectric, la Ville de Sept-Îles et la communauté Innue de Uashat, à la hauteur de leur implication dans le projet. Une partie de cet argent ira pour les dépenses qui s’associent à l’entretien et à la réparation du site.
« La ville participe au projet à la hauteur de 10%. Une particularité des projets solaire, ce ne sont pas des projets qui sont très profitable pour les municipalités au point de vue fiscal. Les installations de panneaux solaire ce n’est pas taxable. Donc en participant au projet, on augmente un peu notre revenu. En participant au projet, on participe au revenu de la vente d’électricité à Hydro-Québec. On investit dans le but de retirer plus que ce qu’on va mettre » explique Benoit Méthot.

Les retombées pour les citoyens
Un tel développement n’est pas uniquement profitable au niveau financier pour les partenaires. Les citoyens aussi verront un bénéfice suivant la construction du parc de panneaux solaire.
« Indirectement ça va aller à la communauté de Sept-Îles : des contrats dans la construction, des contrats d’entretien, contrats de déneigement. Oui c’est l’entretien de la propriété, mais c’est aussi l’entretien des panneaux » souligne David Marmen Vallée.
Ces contrats vont créer de l’emploi sur le long terme, donc après que les constructions soient terminées. En marge des contrats, il y a la possibilité d’accueillir plus qu’un simple parc de panneaux solaires.
« Le promoteur va acheter le terrain, mais ils n’ont pas besoin du terrain à 100% pour les panneaux. Donc il y a des possibilités d’utiliser le reste du terrain pour une autre infrastructure légère » ajoute le maire de Sept-Îles.
La communauté septilienne aura aussi la fierté de dire que toute cette électricité produite est consommée localement.
Lire aussi: Des subventions d’Hydro-Québec pour le solaire
Lire aussi : Solaire: l’énergie du futur?