ITUM interpelle la première ministre Christine Fréchette concernant le racisme systémique

Jean St-Pierre | 8 mai 2026 | 14:12
Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM) réclame des actions contre le racisme dans le réseau de la santé (Photo Jean St-Pierre, Macotenord.com)

Le conseil des Innus d’Uashat mak Maliotenam exprime sa profonde tristesse à la suite du décès d’un membre de la communauté, dans des circonstances qui rappellent les réalités difficiles et les inégalités auxquelles font face les Premières Nations au Québec.

ITUM interpelle directement la première ministre Christine Fréchette afin qu’elle reconnaisse clairement l’existence du racisme systémique. « Il est temps que des gestes concrets soient posés », déclare le chef Jonathan Shetush.

Radio-Canada Ici-Côte-Nord a révélé cette semaine le décès d’un homme de 40 ans d’Uashat dans des circonstances qui rappelle celui de Joyce Echaquan à Joliette. Le Protecteur du citoyen du Québec a produit un rapport identifiant plusieurs failles lors du décès qui remonte à 2022.

« Ce décès n’est pas un évènement isolé, s’indigne ITUM. Il s’inscrit dans un contexte plus large de discrimination, de profilage et d’accès inéquitable aux services publics, notamment en matière de santé, de sécurité et de services sociaux. »

Dans son communiqué ce vendredi, le conseil des Innus d’Uashat mak Maliotenam soutient que ces constats continuent d’être rapportés, notamment par le Dr Stanley Vollant, chirurgien et médecin-conseil pour la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL). Ce dernier soulignait récemment que les préjugés envers les Autochtones persistent encore dans le système de santé québécois.

Le chef Jonathan Shetush juge que le refus de nommer cette réalité constitue un obstacle majeur à la mise en place de solutions durables et adaptées. « Tant que les réalités vécues par nos membres ne seront pas pleinement reconnues, incluant l’existence du racisme systémique, les changements demeureront insuffisants. Nos membres ont droit au respect, à la sécurité et l’équité », déclare le chef Shetush.