La BIC offre plus de 5 G$ pour financer les partenaires autochtones d’Hydro-Québec

La Presse Canadienne | 21 mai 2026 | 09:21
Le parc éolien Apuiat à Pentecôtes est le fruit d'un partenariat avec les communautés innues. (Photo Jean St-Pierre, Macotenord.com)

La Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) et la Banque Nationale mettent plus de 5 milliards $ sur la table pour financer les communautés autochtones qui développent des projets éoliens avec Hydro-Québec.

Le programme flexible est financé en grande partie par la BIC, en partenariat avec l’institution financière montréalaise.

Hydro-Québec, pour sa part, a collaboré à l’élaboration du programme, conçu spécifiquement pour ses grands projets éoliens réalisés en partenariat avec les communautés autochtones.

Jusqu’à maintenant, Hydro-Québec a conclu cinq ententes de partenariat avec des communautés autochtones et des municipalités régionales de comté (MRC) afin de développer des parcs éoliens. Ces partenariats sont à différents stades d’avancement.

Le programme répond au désir des communautés d’être «de réelles partenaires» dans les projets de grands parcs éoliens, selon le directeur principal des relations avec les Premières Nations et les Inuit d’Hydro-Québec, Mathieu Boucher.

Des communautés impliquées

«Ça vient répondre à ce désir des communautés d’être réellement impliquées, explique M. Boucher. De devenir un partenaire dans le développement, plutôt que de recevoir tout simplement une compensation financière ou d’être un petit peu dans le siège du passager.»

Le programme est facultatif et les communautés pourraient choisir de se financer par un autre moyen, précise M. Boucher. «Nous, on trouve qu’il est avantageux, mais la décision revient aux communautés.»

La BIC ne divulgue par les taux d’intérêt qu’elle offre, mais les conditions des prêts seront avantageuses pour les communautés autochtones par rapport aux options de financement disponibles sur le marché privé, assure le directeur principal des investissements à la BIC, Greg Balycky.

«Le but, justement, c’est d’offrir des structures de financement qui sont en dessous des structures ou des taux du marché», résume-t-il.

La BIC a déjà conclu des ententes de principe dans cinq provinces pour financer des partenariats avec les communautés autochtones dans des projets d’infrastructures publiques.

L’aide financière se déclinera de deux façons. La BIC offrira des prêts de construction pouvant aller jusqu’à 20 % des coûts du projet. Le prêt pourrait principalement être remboursé à l’aide de crédit d’impôt fédéral pour l’investissement dans l’économie propre.

Ce crédit d’impôt est toutefois versé après la mise en service du parc éolien. Le prêt de la BIC permet de faire le pont durant la construction, explique M. Balycky.

Prêt participation autochtone

La BIC offre également le prêt de l’Initiative pour la participation autochtone (IPA), qui vise à fournir les capitaux nécessaires aux communautés pour prendre une participation financière dans le projet, soit devenir l’un de ses actionnaires. Le prêt IPA pourrait couvrir jusqu’à 90 % du coût en capitaux propres requis, jusqu’à un montant maximum de 100 millions $.

À cela, la Banque Nationale pourrait financer la tranche de 10 % restante. L’institution financière met ainsi près de 300 millions $ sur la table.

Les conditions du prêt de la Nationale seront relativement similaires à celles proposées par la BIC, mais les taux d’intérêt seront «comparables au marché», précise le chef de la structuration de prêts et syndication à Banque Nationale Marchés des capitaux, Alexandre Huot. Pour la Nationale, il s’agit de l’investissement direct le plus important auprès des communautés autochtones. «Pour la banque, c’est une initiative très importante», indique M. Huot.

La Banque Nationale est un partenaire de l’Administration financière des Premières Nations (AFPN) depuis 2014. Le financement accordé par la Banque Nationale a permis à l’AFPN de déployer plus de 3,9 milliards $ pour le développement d’infrastructures économiques, selon le rapport de durabilité 2025 de la banque montréalaise.

Par Stéphane Rolland