Crise de l’industrie forestière sur la Côte-Nord et au Québec : l’IRÉC appelle à un changement en profondeur de modèle
La crise en foresterie a entraîné plusieurs pertes d'emploi à Port-Cartier et Baie-Comeau. (Photo Jean St-Pierre, Macotenord.com) L’Institut de recherche en économie contemporaine réclame un changement en profondeur pour faire face à la crise sans précédent dans l’industrie forestière qui a causé de nombreuses pertes d’emplois à Port-Cartier et Baie-Comeau. Le modèle économique derrière le développement en foresterie est arrivé à ses limites, selon le rapport sur la forêt de l’IRÉC.
Les trois tentatives de réforme du régime forestier québécois se soldent par des échecs, indique l’Institut. « Pour assurer une sortie ordonnée et durable de la crise, il faudra faire les choses autrement », conclut le rapport Économie de la forêt et crise de l’industrie publié par l’IRÉC et rédigé par son directeur général, Robert Laplante.
Pas seulement Trump en cause
Alors que les fermetures d’usines et les mises à pied se multiplient, et que plusieurs communautés forestières continuent de se fragiliser, le rapport soutient que les difficultés actuelles ne relèvent pas seulement de facteurs conjoncturels ou commerciaux.
« Ces difficultés témoignent surtout de l’épuisement d’un modèle fondé sur l’extraction et l’exportation de produits forestiers faiblement transformés. Ce modèle est extrêmement vulnérable aux chocs économiques et écologiques, en plus de limiter le potentiel de développement de l’économie de la forêt au Québec », affirme l’auteur du rapport.
À travers un vaste survol historique, le rapport retrace les grandes étapes de l’économie forestière québécoise, depuis ses origines coloniales jusqu’aux débats contemporains sur la gestion de la forêt publique. Il met en lumière la façon dont les politiques forestières ont été façonnées par les impératifs d’approvisionnement de la grande industrie, souvent au détriment de la diversification économique et de l’autonomie des régions.
Forêt, un patrimoine collectif
Le rapport propose notamment de préparer dès maintenant un véritable plan de transition. Celui-ci devrait favoriser une meilleure conciliation entre les différentes vocations de la forêt publique.
« Le Québec doit faire les choses autrement. Il est temps de considérer la forêt non plus seulement comme une ressource à exploiter, mais comme un patrimoine collectif à mettre au service du développement durable des communautés et des régions », conclut Robert Laplante.