Après 350 km à pied et en rabaska, l’expédition Mamu Nikantetau se conclut à Montréal

La Presse Canadienne | 30 septembre 2026 | 20:11
Après neuf jours et près de 350 kilomètres parcourus à pied et en rabaska, les participants de l’expédition Mamu Nikantetau ont complété leur périple à Montréal à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. (Photo La Presse Canadienne/Sébastien Auger)

Après neuf jours et près de 350 kilomètres parcourus à pied et en rabaska et des rencontres dans plusieurs communautés, les participants de l’expédition Mamu Nikantetau — qui signifie «Avançons ensemble» en innu — ont complété leur périple à Montréal, mercredi, à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.   

Parties le 21 septembre de Kitigan Zibi, en Outaouais, ces 29 personnes autochtones — représentant toutes les Premières Nations du Québec — et allochtones ont défilé ensemble jusqu’à Montréal, en passant notamment par Ottawa, Kanesatake, dans les Laurentides, et Kahnawake, en Montérégie. 

Après 9 jours et près de 350 kilomètres parcourus à pied et en rabaska, et des rencontres dans plusieurs communautés, les participants de l’expédition Mamu Nikantetau ont complété leur périple à Montréal à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. (30 septembre 2026)

L’œuvre du Dr Innu Stanley Vollant

Au fil du parcours, la marche, le rabaska et les rencontres avec les communautés sont devenus des espaces de dialogue, de transmission et de rapprochement entre les peuples, souligne le président et fondateur de l’organisme à but non lucratif Puamun Meshkenu — aussi connu sous l’appellation Chemin des mille rêves —, le Dr Stanley Vollant. 

«Après des journées entières à marcher, pagayer, partager nos repas et aller à la rencontre des communautés, nous arrivons à Montréal avec des liens plus forts que jamais», affirme l’instigateur du projet. 

«Mamu Nikantetau signifie « Avançons ensemble » en innu-aimun, et c’est ce que nous avons voulu faire concrètement, poursuit-il. La réconciliation, c’est précisément ça: se donner des occasions de se comprendre, de s’écouter et de se voir.»

Malgré tous les efforts nécessaires pour entreprendre un tel voyage, M. Vollant en ressort encore plus dynamisé qu’avant. «Oui, je suis fatigué physiquement, j’ai mal aux bras, j’ai mal aux jambes, on ne dort pas bien, mais j’en ressors revitalisé et énergisé mentalement et émotionnellement. En plus, on se crée de nouveaux amis, une nouvelle famille, et on apprend à se connaître entre autochtones et allochtones, et on crée et on développe de nouveaux alliés qui vont marcher avec nous et qui vont emmener d’autres non-autochtones à marcher avec nous», se réjouit-il.

Un accueil en chandail orange

La population montréalaise a d’ailleurs été invitée à se joindre aux participants pour une «marche de la réconciliation» et à parcourir à leurs côtés le dernier kilomètre de l’expédition jusqu’à leur arrivée au Hangar 1825, un lieu historique national du Canal-de-Lachine. Plus d’une centaine de citoyens ont répondu à l’appel, la plupart d’entre eux vêtus en orange, la couleur symbolisant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Plusieurs chandails arborant le message «Chaque enfant compte» ont aussi été aperçus.

Sur place, le grand public a pu profiter de la programmation proposée tout au long de la journée, dont des kiosques et des activités de sensibilisation, des ateliers de chandails orange perlés et des chants au tambour. L’événement s’est conclu par une cérémonie traditionnelle mohawk. 

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation vise à honorer les survivants des pensionnats pour autochtones ainsi que les enfants qui n’en sont jamais revenus, tout en créant un espace où autochtones et allochtones peuvent se rencontrer, écouter, apprendre et réfléchir ensemble au chemin qui reste à parcourir. 

M. Vollant estime qu’«on est très loin» d’une vraie réconciliation, mais que la société se dirige dans la bonne direction. «Je dois avouer qu’il y a des pas. Je vois beaucoup de gens porter le gilet orange aujourd’hui, donc ils se sont levés avec cette idée-là en support des Premières Nations, mais il y a encore beaucoup à faire, des rencontres doivent être faites. Porter le gilet orange, c’est un bon pas, mais au-delà des symboles, il faut poser des actions, et la marche Mamu Nikantetau que j’ai organisée est un appel à l’action», indique-t-il. 

Il est déçu de constater que les partis politiques ne parlent presque pas des Premières Nations depuis le début de la campagne électorale. «À peu près rien n’a été discuté par les cinq chefs de parti. Je trouve ça vraiment dommage. Les autochtones ne sont pas présents, on est encore un peuple invisible», déplore-t-il. 

Par Sébastien Auger