Les réactions sont variées pour la Côte-Nord à la suite du dépôt du Budget fédéral

Jean St-Pierre | 6 novembre 2026 | 18:52
Le budget reprend le thème « maîtres chez nous » de l’époque de la nationalisation de l’électricité, mais cette fois ce ne sont pas les Québécois qui s’enrichissent, remarque la députée de la Côte-Nord. (Photo Archive Macotenord.com)

La Chambre de commerce de Sept-Îles, Uashat mak Maliotenam voit dans le Budget du ministre Champagne plusieurs mesures qui font aider au développement, notamment en matière d’immigration. La députée de la Côte-Nord Marilène Gill, dénonce plutôt un Budget qui ne répond pas aux demandes du gouvernement du Québec.

Le gouvernement Carney a ignoré la plupart des attentes portées par le Bloc Québécois. « Le budget reprend 20 fois le thème « maîtres chez nous » de la Révolution tranquille, mais ce sont les institutions canadiennes et les Américains qui deviennent davantage maîtres chez nous, et certainement pas les Québécois. En santé seulement, on parle de près de 14 milliards que le Québec pourrait perdre sur cinq ans », remarque la députée Marilène Gill.

Ottawa crée une stratégie canadienne d’électrification en plein cœur des compétences du Québec, incluant de l’argent pour les rivaux d’Hydro-Québec sur le marché nord-américain, déplore la parlementaire de la Côte-Nord.

Mesures économiques appréciées

Le budget réaffirme le corridor d’énergie propre, de minéraux critiques et d’infrastructures de la fosse du Labrador parmi les grands projets examinés par le Bureau des grands projets. Les installations portuaires, ferroviaires et industrielles de Sept-Îles deviennent encore plus un maillon essentiel de cette chaîne logistique, constate la Chambre de commerce de Sept-Îles, Uashat mak Maliotenam.

Elle remarque toutefois que plusieurs engagements susceptibles de bénéficier à la Côte-Nord restent à préciser, particulièrement pour le corridor de la fosse du Labrador et le transport aérien régional.

« On peut encourager les entreprises à investir, mais encore faut-il qu’elles aient les travailleurs et les logements pour le faire. Sur la Côte-Nord, c’est souvent là que la croissance bloque », souligne le directeur général de la Christophe James.

Positif pour le secteur minier…

L’Association minière du Québec accueille favorablement plusieurs mesures annoncées dans le budget fédéral 2026. Elle remarque une volonté du gouvernement d’attirer des investissements miniers. Le budget propose 2,3 milliards de dollars de nouveau financement pour le secteur des mines et des minéraux critiques.

« Ce budget confirme ce que notre industrie soutient depuis longtemps, à savoir que les ressources minérales sont essentielles à notre économie et à notre autonomie. Le Québec possède des ressources recherchées, une expertise reconnue et un secteur minier bien positionné pour répondre à cette demande », commente la PDG de l’Association minière Emmanuelle Toussaint.

L’AMQ souligne enfin l’importance des investissements prévus en matière d’électricité et d’infrastructures. La Stratégie nationale d’électrification prévoit plus de 50 milliards de dollars. Pour le secteur minier québécois, l’accès à une énergie fiable et compétitive ainsi qu’aux infrastructures de transport demeure une condition essentielle à la réalisation de nouveaux projets.

… et le secteur forestier

Le Conseil de l’industrie forestière du Québec salue lui aussi la détermination du gouvernement fédéral en développement économique. Le secteur forestier apprécie plusieurs mesures budgétaires annoncées hier par le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, qui aideront à assurer sa compétitivité à long terme.

Le Conseil souligne particulièrement la volonté de déployer sans délai les recommandations du Groupe de travail sur la transformation du secteur forestier. L’organisation souhaite une collaboration des gouvernements du Québec et du Canada dans ce dossier afin que la filière forestière bénéficie pleinement des retombées.

Le président du CIFQ, Michel Vincent, rappelle que le Québec possède le plus imposant secteur forestier de toutes les provinces canadiennes. « Nous saluons l’écoute du gouvernement face aux recommandations du Groupe de travail sur la transformation du secteur forestier canadien. Le fédéral joint le geste à la parole et réserve des sommes importantes à la mise en application de ses recommandations. », affirme le président du CIFQ, Michel Vincent.