La Chambre de commerce Sept-Îles Uashat mak Maliotenam dénonce l’abandon du prolongement de la 138 vers Blanc-Sablon

Jean St-Pierre | 19 juin 2026 | 13:16
Le prolongement de la route 138 en Basse-Côte-Nord représente aussi retombées économiques majeures pour des entreprises de la Côte-Nord, rappelle le milieu des affaires. (Photo Transports et Mobilité durable Québec)

La remise en question de l’idée de finir la route 138 constitue un désengagement qui prive la Côte-Nord d’investissements et de contrats pour ses entreprises, déplore la Chambre de commerce Sept-Îles Uashat mak Maliotenam.

Elle accueille avec préoccupation la décision du gouvernement du Québec de renoncer au prolongement complet de la route 138 jusqu’à Blanc-Sablon, au profit d’une approche multimodale. Au-delà du désenclavement de la Basse-Côte-Nord, cette volte-face représente la perte d’investissements publics structurants et de retombées économiques majeures, selon le regroupement de gens d’affaires.

Des retombées qui s’évaporent

« Annoncé en 2021 avec un premier engagement de 700 millions de dollars, ce projet phare est aujourd’hui renvoyé à la planche à dessin pour la quasi-totalité de son tracé. Pour le milieu des affaires nord-côtier, c’est un carnet de commandes potentiel (génie civil, transport, fourniture de matériaux, hébergement, restauration et services professionnels) qui s’évapore avec lui », déclare la Chambre par communiqué.

La Chambre s’inquiète aussi de la cohérence des dépenses publiques. « Des ouvrages déjà engagés, dont des ponts, seront complétés alors même que les tronçons de route auxquels ils devaient se raccorder sont remis en question. » Elle qualifie la planification du gouvernement de décousue.

« Une route, ce n’est pas qu’un chantier : c’est une chaîne de retombées pour des dizaines d’entreprises locales et c’est l’attractivité même de notre territoire pour faire des affaires et attirer de la main-d’œuvre », souligne le directeur général de la CCSIUM Christophe James.

Solidarité avec les Coasters

La Chambre de commerce Sept-Îles Uashat mak Maliotenam rappelle que la Côte-Nord est un moteur économique pour l’ensemble du Québec. La région fournit une part déterminante de l’électricité de la province et contribue largement à sa richesse collective.

Les infrastructures de transport sont la condition même du développement de ce potentiel. La Chambre se solidarise avec les élus, les organisations et les acteurs économiques de la Basse-Côte-Nord, dont le préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent, dans leur appel à l’équité régionale.

La Chambre de commerce demande au gouvernement du Québec de rendre publiques les études et les analyses ayant mené à ce changement d’approche. Elle espère que le gouvernement tiendra compte des chiffres sur les retombées économiques et pas seulement sur les investissements nécessaires, avant toute décision finale.

Lire aussi : La CAQ abandonne-t-elle le projet de prolongement de la route 138 jusqu’à Blanc-Sablon?