Le fondateur Arbec/Rémabec Réjean Paré, nommé Personnalité forestière 2026
Le fondateur d’Arbec et Rémabec Réjean Paré a notamment lancé deux usines à Port-Cartier, l’une consacrée au biocarburant et l’autre au biochar. (Photo Jean St-Pierre Archives ArsenalMedia) Pour acheter ses premières machines forestières, Réjean Paré a hypothéqué sa maison et emprunté à 18,25 %, après avoir essuyé les refus des banques. Près d’un demi-siècle plus tard, le président et cofondateur du Groupe Rémabec a été nommé Personnalité forestière 2026 par l’Association forestière Saguenay–Lac-Saint-Jean (AFSL). Il a aussi lancé des entreprises en Mauricie et à Port-Cartier sur la Côte-Nord.
En recevant cette distinction, l’entrepreneur est revenu sur ses débuts, en 1979. À l’époque, il ne voulait plus aller ébrancher des arbres, car il voulait travailler avec ses propres machines.
Pour trouver du financement, il a fait le tour de Saint-Félicien, mais toutes les banques ont refusé de lui prêter. Il a finalement obtenu un emprunt au Crédit du Lac. Lorsque sa femme lui a demandé où il avait pris l’argent, il lui a annoncé avoir hypothéqué leur maison.
Ce premier achat de machinerie allait mener à la construction de l’un des plus importants groupes forestiers du Québec. Rémabec compte aujourd’hui 14 usines, plus de 30 filiales et près de 1800 employés. Mais au moment de recevoir son prix, Réjean Paré a surtout parlé des gens qui l’ont accompagné.
«Cette reconnaissance revient à toute une équipe de partenaires qui sont restés fidèles, aux travailleurs qui se lèvent tôt le matin et aux communautés qui nous ont accueillis et qui grandissent avec nous», a-t-il mentionné.
Peu attiré par les chiffres, mais aimant le travail, il voyait son rôle comme celui de recruter des gens solides sur lesquels il pouvait compter. «C’est grâce à vous», a-t-il ajouté.
Investir pour traverser les crises
«C’est par la productivité et l’investissement que l’on combat l’inflation», a soutenu l’entrepreneur, qui a toujours pris des risques, tout en recherchant l’excellence dans les opérations pour investir et améliorer la productivité. Selon lui, cette approche n’est pas une théorie, mais plutôt une façon de faire éprouvée au fil des crises, qui permet encore au groupe d’affronter les difficultés actuelles de l’industrie.
Son parcours compte plusieurs étapes de diversification. En 1988, il fonde le Groupe Rémabec avec Roger et Camil Tremblay. Parmi les acquisitions qui suivent figure celle d’Industries John Lewis, en 1997. Cette entreprise, spécialisée dans les bâtonnets de crème glacée, en produit aujourd’hui plus de sept milliards par année.
Utiliser toute la fibre
Pour Réjean Paré, l’avenir passe notamment par un meilleur aménagement des forêts et par l’utilisation de toute la fibre de l’arbre. «Il faut utiliser la fibre pour diversifier nos activités en créant, ce qu’on appelle, la nouvelle économie forestière », remarque le forestier.
Rémabec a notamment lancé deux usines à Port-Cartier, l’une consacrée au biocarburant et l’autre au biochar. Plus récemment, l’entreprise a fait l’acquisition de l’usine de cogénération de Saint-Félicien.
«Les défis sont réels, avec les marchés, les coûts et l’incertitude, mais les solutions existent quand on met l’excellence, la productivité et la collaboration au centre de nos décisions», ajoute-t-il
À ses yeux, la forêt demeure une ressource stratégique pour le Québec et ses régions. Elle peut contribuer à créer de la richesse et des emplois et à renforcer les communautés, à condition de continuer à investir, à innover et à travailler ensemble.
L’hommage lui a été rendu au congrès annuel de l’AFSL, à l’Hôtel du jardin, sous le thème «Forêt et bois, vers une gouvernance régionalisée?». L’association décerne cette distinction depuis 1988 à une personne ou à une organisation ayant fait progresser le milieu forestier.
Par Guillaume Roy, Initiative de journalisme local, Le Quotidien