Des syndiqués d’Hydro-Québec feront une grève des heures supplémentaires
Plusieurs travailleurs syndiqués à l’emploi d’Hydro-Québec sur la Côte-Nord pourraient se retrouver en grève des heures supplémentaires sous peu. (Photo Archive Jean St-Pierre, Macotenord.com) Deux syndicats, regroupant des travailleurs d’Hydro-Québec dont plusieurs sur la Côte-Nord, ont déposé un avis de grève concernant les heures supplémentaires.
Après deux ans et demi de négociations très lentes, les deux syndicats montent ainsi la pression afin d’arriver plus rapidement à une entente de principe sur les modalités de la convention collective.
Leurs conventions collectives sont échues depuis le 31 décembre 2023. La grève commencera la 14 mai, si la négociation n’avance pas.
Le syndicat des technologues regroupe 2 700 membres à l’emploi de la société d’État. Le Syndicat des employés de métiers d’Hydro-Québec représente plus de 6200 travailleurs spécialisés, incluant des monteurs de ligne et des mécaniciens d’appareillage.
Changement de stratégie
Après plus de deux ans de négociations jugées improductives, les syndicats souhaitent faire évoluer les discussions et accélérer l’arrivée à une entente sur les modalités de la prochaine convention collective.
« On doit changer de stratégie pour que ça bouge. On attend un retour de l’employeur à la suite d’un dépôt fait il y a plus de deux semaines, mais c’est silence radio. À un moment donné, ça prend du sérieux à la table de négociation… et en ce moment, la haute direction n’est pas au rendez-vous », déclare le président du Syndicat des employés de métiers d’Hydro-Québec Frédéric Savard.
Le syndicat estime que le recours au temps supplémentaire est révélateur d’enjeux de planification et d’organisation du travail. Au cœur du conflit : le recours croissant à la sous-traitance, une pratique que le syndicat juge coûteuse pour les Québécois et préoccupante pour l’avenir d’Hydro-Québec.
« Le recours à la sous-traitance augmente… et ça coûte très cher aux Québécois. Pendant ce temps, on perd une expertise essentielle à l’interne. Et au lieu de créer des emplois, on dépend de plus en plus de la sous-traitance. C’est une question de vision pour Hydro-Québec », commente Frédéric Savard.
Crainte d’une privatisation discrète
Pour les employés technologues, les principaux enjeux sont en lien avec la détermination du point d’équilibre acceptable dans le volet de la flexibilité de la main-d’œuvre ainsi que sur d’autres demandes importantes déposées par l’employeur.
Le syndicat est aussi fort préoccupé par le recours à la sous-traitance, alors que les technologues possèdent déjà l’expertise dans tous les domaines confiés à des tiers. L’ingérence politique des dernières années rehausse cette crainte d’une privatisation discrète.
« Après deux ans et demi de patience de la part de tous nos membres et de notre comité de négociation, le moment est venu de mettre l’employeur face à ses choix. Il n’est nullement question de cibler la population québécoise dans cet exercice, c’est plutôt tout le contraire, puisque des améliorations des prestations de travail et du service à la clientèle se porteront garantes du résultat de cette négociation », d’expliquer Robert Claveau, président du syndicat des technologues d’Hydro-Québec.